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Le Judo en 3 repères, par Patrick Roux

Trois repères pour donner du sens et de la clarté à l’aventure complexe de l’apprentissage du Judo :

  • Maîtriser son corps

  • Découvrir l’autre

  • Appliquer les principes dans la pratique


Si lutter comme des enfants qui se saisissent à bras le corps et finissent par se rouler par terre est une activité naturelle et spontanée, saisir le judogi, se déplacer efficacement, faire une feinte, une esquive, porter la bonne technique avec précision et au bon moment…
Tout l’art du Judo en somme, n’est rien moins que naturel et exige une route structurée d’acquisitions. On peut choisir de mettre en lumière cette somme complexe d’acquisitions, cet important travail de formation à travers de nombreux ouvrages dans des domaines variés.
On peut aussi l’évoquer en trois repères…


MAITRISER SON CORPS :
Le judo est une activité très complexe du point de vue de la coordination. Comme dans toutes activités physiques, la pratique du judo passe par l’apprentissage méthodique de certaines Habiletés de base. « Apprenez à apprendre », à vous déplacer sur le tatami, à tourner et à esquiver, à chuter, à rester gainer dans une posture haute ou basse…
Tout ceci n’est pas du tout anodin et ne doit pas être négligé, car cela représente en fait un travail important sur l’équilibre et la coordination qui sont autant de facteurs de l’adresse.
Progresser dans ce domaine de l’expression motrice, c’est en réalité déjà mieux connaître son corps et développer ses potentialités de perception, de mouvement, de nuances dans l’action.


DECOUVRIR L’AUTRE :
Vous pouvez considérer l’autre implicitement comme un obstacle, un punching-ball ou un mannequin. Vous pouvez le considérez comme un ennemi…
Mais il est beaucoup plus intéressant de le considérer comme un partenaire. Bien sûr, le Judo n’est pas la danse ou la gymnastique. Nous recherchons les logiques de l’efficacité dans un rapport duel.
Et d’ailleurs, c’est bien cette logique « d’hyper opposition » qui domine quand on met les débutants en situation de Randori. Les gardes sont raides et maintiennent l’autre à distance tout en essayant de le priver de mobilité. On obtient ainsi une neutralisation, sauf si l’un domine l’autre par sa force physique. Est-il nécessaire d’apprendre le Judo pour parvenir à ce premier niveau d’échange ?
Non. C’est donc le deuxième niveau qui nous intéresse, celui dans lequel ce dialogue de sourds s’estompe, celui où « l’ennemi » devient partenaire-adversaire du jeu – duel. « Apprenez à apprendre » à ressentir l’autre, à utiliser votre corps, votre posture, votre esprit pour capter des informations sur lui.


APPLIQUER LES PRINCIPES DANS LA PRATIQUE :
On aurait pu dire : « apprendre les règles et les principes du jeu (jusqu’aux plus subtiles) et les appliquer dans la partie ». Le principe action – réaction, l’utilisation de la force adverse, le principe du sacrifice du poids du corps sont les grandes lois du mouvement.
C’est avec cela qu’on joue au Judo. Comme un bon joueur de bridge ou de poker, il faut avoir l’ambition d’utiliser les principes les plus fins pour tendre à la véritable efficacité. Ensuite, pour que ces grands principes de la physique se mettent au service de notre pratique, il faut travailler sans relâche au projet.
Raisonnez comme le virtuose que vous voulez devenir. Répéter des milliers de fois le geste juste de l’aspiration, des milliers de fois l’esquive sur attaque adverse, des milliers de fois l’ouverture millimétrée d’un déséquilibre, et cela dans la perspective dynamique, vivante, du combat dans la pleine conscience des réactions adverses et de leurs implications.
Les professeurs ont ces trésors de connaissance précieuse, de méthodologie efficace dans leur expérience. A vous d’avoir l’ambition de les comprendre, de les suivre, de les incarner…